the dog around the corner

toujours un chien au coin de mon âme

28 février 2004

Et bien ça y est ! J'ai atteint l'âge qu'avait Banzard Cantonnier lorsque je l'ai rencontré, il y a déjà douze ans...
Et dire qu'à cette époque je le trouvais vieux. Enfin, pas très vieux, mais vieux quand même. Suffisamment vieux pour avoir une maison, une voiture, une entreprise personnelle, un chien...
J'ai atteint cet âge, mais moi tout ce que j'ai, c'est le chien. ah et puis aussi, j'ai un truc que lui il avait pas, et ça change tout... Ce truc là, c'est l'ammmûûûûrrrr (à prononcer façon Johnny). Lui il l'avait pas ça, enfin après il aurait pu l'avoir, mais il en voulait pas, alors...

Et puis aussi lui je ne pense pas qu'on lui ait jamais fait le coup qu'on m'a fait ce matin, et qui, il faut bien le dire, fait bien plaisir... On se promenait Toupitou et moi dans les rues de Montmartre, en direction du Sacré Coeur, histoire de ne pas faire mentir la légende (eh oui, le toupitou raconte à tous ses potes qu'il pisse tous les jours sur la grosse meringue parisienne). On a rencontré Sharif, qui travaille comme cuistot dans un resto près de la place du tertre. Très en forme ce matin. Tellement en forme qu'il m'a demandé si j'habitais chez mes parents... et quel âge j'avais (ça se fait pas, je sais, mais bon...). Quand je lui ai répondu, il a été sincèrement surpris, et puis il a eu l'air déçu aussi. Et pfiouttt, il est parti.
Enfin, ce que j'ai retenu, c'est que ne fais pas mes 25 38 44 32 61 19 ans, et ça va suffire à me faire passer une très bonne journée post-anniversaire.

lily bauer à 10:31 - [#]


24 février 2004

Quand je suis sur le point d'aller me coucher, je pense toujours à la mort.
A la mort de gens déjà morts, à comment ça s'est passé, comment ils ont vécu ce passage...
A la mort de gens bien vivants, à comment je réagirais si ça arrivait, quand ça arrivera...
Et à ma propre mort aussi. Mais finalement, c'est celle qui m'inquiète le moins. Sauf pour Toupitou, je ne sais pas s'il comprendrait pourquoi je ne suis plus là...
Enfin bref, j'y pense tous les soirs, et même aussi parfois le matin, le midi, à quatre heures... Et ça depuis que j'ai 8 ans je crois. Je vis avec, c'est bizarre mais c'est comme ça. Pour moi c'est quelque chose de très concret. Et pourtant je ne suis jamais allée à un enterrement, ni une crémation, ni rien. Je ne vais même pas sur les tombes.
Sauf cet été, la tombe de mon grand-père paternel. Que je n'ai pas connu. Je lui ai parlé. Je lui parle depuis des années d'ailleurs. Mais là c'était encore plus fort, parce qu'il y avait un emplacement dédié, mais je ne suis pas sûr qu'il soit resté là pourtant. Mais je pense qu'il avait senti qu'on viendrait, alors il s'était déplacé.

La seule fois où j'ai approché la mort, c'est quand je suis allée voir mon arrière grand-mère maternelle à l'hôpital. Je ne l'aimais pas vraiment, parce que lorqu'on allait la voir ça durait toujours des heures et on ne pouvait rien faire. C'est difficile à vivre quand on est enfant.
Mais ce jour là, à l'hôpital, elle a appellé ma maman "Suzon". Ca m'a marqué. Ca m'a marqué parce qu'elle ne voyait plus ma mère comme ma mère, elle voyait une petite fille, sa petite fille. Personne n'a jamais appelé ma mère comme ça. Et il y avait tant d'amour dans cette façon de prononcer le nom d'enfant de ma mère. Je ne croyais pas que cette dame avait pu avoir de l'amour pour ma mère auparavant, et là ça devenait évident.
Et je me souviens avoir pensé qu'elle devait déjà être dans ce fameux passage entre la vie et la mort, et qu'elle avait donc enfin retrouvé "la vue", au sens de la vérité. Du coup aujourd'hui je l'aime bien cette arrière grand-mère, parce que j'ai vu qu'elle aimait ma mère. J'aurai voulu le voir avant, mais elle ne le montrait pas.

lily bauer à 23:58 - [#]

Là où il y a oeuvre, il n'y a pas folie, et pourtant la folie est contemporaine de l'oeuvre, puisqu'elle inaugure le temps de sa vérité.
Michel Foucault in L'histoire de la folie

lily bauer à 11:22 - [#]

22 février 2004

L'inceste est vraiment le livre où je me présente comme une grosse merde, tout écrivain doit le faire une fois, après on verra. Ou peut-être le faire plusieurs fois, ou peut-être ne faire que ça. Ecrire c'est peut-être ne faire que ça, montrer la grosse merde en soi. Bien sûr que non. Vous êtes prêts à croire n'importe quoi. Ecrire ce n'est pas une seule chose. Ecrire c'est tout. Dans la limite. Toujours. De la vie, de soi, du stylo, de la taille et du poids.
Christine Angot in L'inceste

lily bauer à 20:07 - [#]

20 février 2004

Warf warf warf
Je dis à John que je veux un travail, il m'envoie ça.

Je dis à John que je veux une maison avec un jardin, et il m'envoie ça.
La vie n'est pas si mal faite. Car après tout c'est vrai, la maison avec le jardin, c'est avant tout pour le toupitou.

lily bauer à 20:59 - [#]

Le chien d'Erwin Van Den Arend - ©lily bauer

Il s'agit de ma toute dernière acquisition. Un tableau original d'Erwin Van Den Arend. Le fameux chien qui est magicien, qui joue dans la rue, qui part en voyage, qui va à la mer. Des livres pour enfants qui donnent envie de devenir parent !
D'ailleurs, ce tableau fera très bien dans la chambre de l'enfant qu'on n'a pas encore.

lily bauer à 11:43 - [#]

19 février 2004

Trois petites notes...
On vit avec depuis si longtemps qu'on ne les entend plus. On devient sourd aux sons, comme la bande originale d'un film au quotidien qui se serait transformée en musique d'ascenceur, insipide antienne... Alors on ne prête plus l'oreille, on la ferme avec des boules quiès psycho-quelque chose... Ce faisant, on passe à côté de beaucoup de petits bonheurs. c'est le Toupitou qui m'a fait prendre conscience que cette conduite auditive n'est plus tolérable. Lui qui écoute avec attention le bruit des mouettes en fond sonore de tel ou tel film qui passe à la TV, comme la réminiscence de sa belle vie d'avant... Lui qui ouvre grand ses yeux et ses oreilles dès que résonne le bruit typique des annonces en gare, avec les trois sonneries synonymes pour lui de départ à la mer, à la campagne, n'importe où mais un endroit où on peut courrir et jouer avec l'eskimau et manger des gâteaux...
J'enlève ce casque virtuel, je m'assoie et j'écoute.

"Attention à la fermeture automatique des portes, attention au départ !"

lily bauer à 16:18 - [#]

17 février 2004

Je ne devrais plus aller sur le blog de Luc Saint-Elie. C'est inhumain de montrer à une pôv' Lily qui vient d'acquérir un Eos 300D presque par dépit le tout nouveau Eos D1 II, même pas encore dans les bacs... Bon ok ce sera pas le même prix, ok celui-là il est réservé aux professionnels... Mais bon quand même, merde à la fin, c'est ultra frustrant de voir chaque mois la sortie de nouveaux matériels toujours plus beaux, toujours plus performants, toujours moins chers... Parfois je suis contre le progrès...

lily bauer à 12:30 - [#]

13 février 2004

Depuis le temps que j'en avais envie, j'ai enfin réussi à aller voir un spectacle d'Archaos.
Margo m'a séduite, même si je n'ai pas tout compris. John n'a pas aimé, parce qu'il n'a pas tout compris. C'est la grande différence entre nous.

lily bauer à 10:38 - [#]

11 février 2004

Singeries de février
Pour février, Martine et Blork ont décidé que la singerie consisterait à raconter les événements, gais ou tristes, qui nous ont fait nous sentir profondément "en vie", d'être là !
En ce qui me concerne, il y a plein de micro et macro événements où j'ai ressenti l'intensité de cette présence, le fait d'ETRE, mais ils sont trop personnels pour que je m'en ouvre ici.
Par contre un jour, j'ai cru que peut-être elle allait finir cette vie, et c'est vrai qu'à cette occasion (entre autres) j'ai mesuré à quel point j'y tenais (à la vie).

Tempête du 15 octobre 1987
J'avais 15 ans et avec mon amie Carole (et quelques autres) nous partions en voyage en Angleterre, rencontrer nos correspondants anglo-saxon. Cette nuit là, seuls deux ferrys ont quitté leur port, dont le nôtre... L'un des deux ferrys s'est échoué, mais c'était pas le nôtre.
Je crois que j'ai tellement eu peur, tellement cru que ma fin était venue, que je ne garde que des souvenirs confus de cette nuit atroce, comme si mon cerveau avait décidé qu'il ne servait à rien de stocker ce genre d'informations...
Je me souviens d'un bac de linge énorme qui avait traversé une baie vitrée, frôlant une passagère, je me rappelle la boutique de parfums et la boutique de spiritueux dévastées, le vomi partout, les gens qui pleuraient, le début de panique lorsqu'on nous a "séquestrés" dans la salle la plus haute du bâteau, et qu'on nous a sommés de n'en pas bouger...
Mais le souvenir le plus marquant, c'est cette petite phrase du commandant à l'un de ses hommes d'équipage, le lendemain matin, alors que nous attendions désespérément que le port anglais puisse nous laisser accoster. Il lui a dit "heureusement que nous avons perdu du temps à bien disposer et attacher les camions dans la cale, sinon, on se serait retournés." Je ne sais plus pourquoi j'étais près d'eux à ce moment là, mais je vous jure que je n'invente pas !!!
J'ai su quelques années après que ce commandant avait été viré suite à cette traversée, car il n'aurait pas dû partir.

Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais été aussi heureuse de retrouver la terre ferme que ce matin là.

lily bauer à 12:07 - [#]
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