29 mai 2009
L'appel
On aurait pu le dire avant. Informer les amis, la famille, tous les gens. On a préféré garder secret le moment. Parce que ce n'était pas l'important. L'appel de cet après-midi, voilà ce qui va déterminer notre vie, bien plus que deux oui déjà mille fois dits.
L'appel pour demander un dossier d'agrément. Agrément nécessaire pour adopter et devenir parents.
Finalement, c'est aujourd'hui que je change de vie. Ou plus exactement qu'elle prend un nouveau tournant, puisqu'à partir de maintenant, je suis une future maman.
26 mai 2009
Aujourd'hui, je me suis mariée.
Et c'est le 500e message.
21 mai 2009
S'oublier pour danser, voilà une sensation que j'adore. Comme lorsque je vais m'endormir et que j'essaie de sentir le moment exact où je vais basculer dans l'endormissement. Comme toujours ce n'est qu'au réveil que je considère mon échec permanent. Danser, c'est réussir à être conscient de l'endormissement.
Jean-Claude Gallota
J'ai retrouvé cette citation dans mon agenda 1990-91, rescapé de la benne où vont finir tous mes cours de droit. J'ai retrouvé plein de noms aussi, pour la plupart oubliés depuis des années. Alors comme ça un jour j'ai déjeuné avec un Albert-Yves ?
Dix huit années se sont écoulées depuis que j'écrivais dans ce petit carnet des trucs comme
Oublier de manger
pour oublier de vivre
Oublier de dormir
pour oublier de vivre
Oublier d'aimer
seulement pour t'oublier
Aujourd'hui ça me semble ridicule, et pourtant je suis sûre qu'à l'époque je trouvais ça très profond. Ah la la, retrouver ses 18 ans, juste un instant. Alors ne m'en veuillez pas, mais les autres trésors de ce carnet ne seront pas partagés.
17 mai 2009
Le bonheur parfois, c'est deux chiens qui jouent à chat.
12 mai 2009
C'était ma vie
Le sac était toujours préparé à la dernière minute, le matin juste avant de partir. Les tasses de nescafé, encore chaudes, pas terminées, restaient posées sur la table basse du salon. Quatre étages à descendre et puis c'était parti pour trente minutes de marche rapide, John traînant le gros sac noir informe, moi traînée par le chien. Rue des Trois Frères / Saint Lazare.
Le passage des Abbesses pour arriver sur la place, souvent vide. Les bobos n'aiment pas se lever tôt. La rue Houdon et puis les Folies Pigalle, d'où s'échappait de la musique, des effluves, où souvent les videurs étaient occupés avec des huluberlus. Cela nous amusait, savoir que pour certains la nuit continuait quand pour nous la journée commençait.
La rue Pigalle ensuite, jusqu'à l'église de la Trinité. Eglise où invariablement le Toupitou avait envie de musarder, peu réceptif aux contraintes horaires. Peut-être pensait-il qu'on était déjà arrivés, vu que de notre point de vue quand on en était là du trajet, c'était gagné, ce train, on l'aurait.
Un petit bout de rue de Clichy, rue Saint-Lazare et hop, on y était. Pour autant on savait que le plus difficile n'était pas passé.
Arrivés dans la gare, le quai du train pour la normandie n'était évidemment pas indiqué. Il fallait donc trouver l'endroit stratégique dans la cohue fébrile pour que le chien ne fasse pas son malin, pouvoir accéder facilement à la voie quand elle serait indiquée, et si possible décompresser. Acheter un magazine, une bouteille d'eau, l'un ou l'autre s'y collait, pendant que l'autre ou l'un scrutait le tableau et calmait le chien. Et une fois qu'on savait, vite se dépêcher pour essayer d'avoir deux places non réservées et ne pas faire le trajet dans les toilettes, ce qui est déjà arrivé.
Deux heures et vingt minutes plus tard, enfin, on pouvait estimer que le week-end commençait.
Le Toupitou n'a plus mis les pieds à Paris depuis le 11 septembre 2004. Mais vendredi dernier, l'église de la Trinité a tout rappelé, en accéléré.
C'était ma vie. Je suis contente de dire c'était.