19 novembre 2009
... quand je m'en vais
Un jour j'ai fait une psychothérapie. Courte, douloureuse, salutaire. J'ai stoppé sans crier gare, juste un rendez-vous manqué, sans prendre la peine de prévenir, genre garce assumée. Parce que ça me suffisait pour continuer. Et que c'est comme ça que je fais, quand je m'en vais.
L'autre jour j'ai revu le frère d'Agile. Un rendez-vous planifié après huit années de silence de chaque côté. Besoin de dire, besoin d'entendre, de voir aussi. Deux heures à parler de que je savais depuis tant d'années et que jamais je n'avais ébruité, par respect. Deux heures à écouter ce que je ne savais pas, mais qui n'aurait de toute manière rien changé au dénouement du nous d'avant. Deux heures à retracer sa dernière année, en mots, en maux et en photos. Deux heures à pleurer ce frère qui va lui manquer, cet ex qui hantait mes pensées et mes nuits depuis septembre dernier.
C'était court, douloureux, salutaire.
Au moment de se quitter, les mots "à bientôt" n'ont pas été prononcés. Juste un au revoir qui voulait dire adieu. Parce que ces deux heures me suffisent pour faire le deuil et continuer. Et que c'est comme ça que je fais, quand je m'en vais.