27 novembre 2009
Un au revoir
Lorsque nous avons emménagé dans le centre-ville, le Toupitou a rapidement pris ses marques au Jardin Royal. Il y a très vite rencontré des copains, et puis d'autres chiens avec lesquels il s'entendait moins bien. Parmi eux, Meck & Simba, qui aboyaient dès qu'ils l'apercevaient. Le toupitou ne s'en laissait pas compter et aboyait copieusement en retour.
Un soir où le jardin était presque désert, j'ai osé demandé à la maîtresse des chiens si l'on pouvait tenter une approche, histoire de voir si l'inimitié se confirmait. La rencontre s'est si bien passée que depuis ce jour, dès que ces trois là se repèrent, il est impossible de ne pas s'arrêter pour jouer.
Un an et des poussières se sont écoulés, avant que je n'ose proposer à la maîtresse de Meck & Simba de se voir ailleurs que dans le parc, et sans chien. Je venais de terminer le roman "Rencontres à Manhattan" (que je ne recommande pas particulièrement, on s'ennuie très vite), ce qui m'a aidé à dépasser ma timidité.
C'est ainsi que nous avons sympathisé avec un couple formidable, le premier du "cercle canin".
Mais parce que sinon ce serait trop simple, ils déménagent aujourd'hui à Grenoble. Nous nous sommes dit au revoir mardi soir. Nos compagnons poilus, eux, n'ont pas eu ce privilège.
Mais parce que parfois c'est très simple, nous nous sommes retrouvés par hasard dans le jardin ce matin. Le Toupitou était tout content, Meck & Simba aussi. Le jeu a duré un peu plus longtemps et je crois que les maîtresses ont chacune apprécié ce petit coup du destin.
23 novembre 2009
Oh putain !
Samedi soir, je fêtais les 30 ans d'un ami,. Au même moment disparaissait le père de ma "meilleure" amie.
Ce père que je connaissais depuis l'âge de cinq ans. Ce père qui ponctuait la plupart de ces phrase d'un "Oh putain" qui n'appartenait qu'à lui et n'avait rien de vulgaire, au contraire. Ce père que j'admirais presque autant que le mien. Ce père qui était aussi mari et grand-père.
Je pense à elles, je pense à lui.
19 novembre 2009
... quand je m'en vais
Un jour j'ai fait une psychothérapie. Courte, douloureuse, salutaire. J'ai stoppé sans crier gare, juste un rendez-vous manqué, sans prendre la peine de prévenir, genre garce assumée. Parce que ça me suffisait pour continuer. Et que c'est comme ça que je fais, quand je m'en vais.
L'autre jour j'ai revu le frère d'Agile. Un rendez-vous planifié après huit années de silence de chaque côté. Besoin de dire, besoin d'entendre, de voir aussi. Deux heures à parler de que je savais depuis tant d'années et que jamais je n'avais ébruité, par respect. Deux heures à écouter ce que je ne savais pas, mais qui n'aurait de toute manière rien changé au dénouement du nous d'avant. Deux heures à retracer sa dernière année, en mots, en maux et en photos. Deux heures à pleurer ce frère qui va lui manquer, cet ex qui hantait mes pensées et mes nuits depuis septembre dernier.
C'était court, douloureux, salutaire.
Au moment de se quitter, les mots "à bientôt" n'ont pas été prononcés. Juste un au revoir qui voulait dire adieu. Parce que ces deux heures me suffisent pour faire le deuil et continuer. Et que c'est comme ça que je fais, quand je m'en vais.
13 novembre 2009
1988
En 1988, j’ai un peu peur de m’égarer
Aujourd’hui j’ai roulé si vite, je n’ai pas vu le temps passer
Le mur de Berlin lui aussi, est sur le point de s’écrouler
C’est la guerre froide qui s’éternise, mais finit par se réchauffer
En 1988, j’me dis que tout peut arriver
J’aimerais te revoir me dire, que l’on ne se quittera jamais
En 1988, j’me dis qu’j’ai pas peur d’essayer
Je voudrais te faire une fille, et toi, ca te fait rigoler
En 1988 retrouver la cour du lycée
Revoir Chirac qui cohabite et prend sa pile au mois de mai
Le sang de Malik Oussekine, n’a pas encore coagulé
Et Pasqua qui desserre les vices de la police et du pastis
En 1988, j’ai surtout envie de déconner
Retrouver le gout du Picon, de l’Ardèche, et puis de l’été
En 1988, on a tous envie de rêver, parler de la révolution
Même si elle ne viendra jamais
En 1988, retrouver le gout de tes seins
Fumer des joints, prendre la fuite
et puis s’embrasser dans les coins
Aller toujours un peu plus vite, expliquer à tous les gamins
Qu’il faut profiter de ces heures et puis filer à cent à l’heure
Sur l’autoroute jusqu’à la mer, s’arrêter juste avant la nuit
Avant d’attraper la colère et faire semblant d’être endormi
1988 - Mickey 3D in La grande évasion